De quoi Apophis est-il fait ?
Apophis appartient au type spectral Sq, qui désigne des astéroïdes rocheux riches en silicates, apparentés aux chondrites ordinaires. Sa structure interne, elle, n'est pas connue, et c'est une des principales inconnues du dossier.
- Type spectral
- Sq (SMASSII)
- Albédo
- 0,35 ± 0,10
- Inertie thermique
- 50 à 500 J/m²/s^0,5/K
Ce que dit le spectre
Classer un astéroïde consiste à analyser la lumière solaire qu'il renvoie. Les minéraux présents en surface absorbent certaines longueurs d'onde et pas d'autres, et cette signature permet de rattacher l'objet à une famille.
Apophis est classé Sq dans la taxonomie SMASSII. Le S désigne les astéroïdes rocheux riches en silicates, la catégorie la plus courante dans la partie interne de la ceinture. Le suffixe q indique une signature intermédiaire, qui rapproche l'objet des chondrites ordinaires, c'est-à-dire de la famille de météorites la plus fréquemment retrouvée au sol.
C'est une information utile pour se représenter Apophis : un corps rocheux, pas un bloc de glace ni un corps métallique.
Son albédo, 0,35, est relativement élevé pour un astéroïde, ce qui est cohérent avec une surface silicatée peu altérée.
Ce que le spectre ne dit pas
Une analyse spectrale ne renseigne que sur les premiers microns de la surface. Elle ne dit rien de ce qu'il y a en dessous.
Or la question de la structure interne d'Apophis reste entièrement ouverte. Deux configurations très différentes sont compatibles avec ce que l'on sait :
- un monolithe, c'est-à-dire un bloc rocheux cohérent ;
- un agrégat de débris, parfois appelé tas de gravats, c'est-à-dire un assemblage de fragments maintenus ensemble par leur seule gravité et par des forces de cohésion faibles.
La différence n'est pas anecdotique. Elle détermine la densité de l'objet, donc sa masse, comme l'explique la page consacrée à la taille et à la masse. Elle détermine aussi la façon dont il réagirait à une sollicitation extérieure, qu'il s'agisse d'une tentative de déviation ou des forces de marée qu'il subira lors du passage rapproché de 2029.
L'inertie thermique mesurée, comprise entre 50 et 500 J/m²/s^0,5/K, laisse une latitude importante sur la nature du régolithe de surface, ce qui traduit là encore l'état incomplet des connaissances.
Pourquoi 2029 change la donne
C'est précisément cette lacune qui donne au survol de 2029 son intérêt scientifique.
Un astéroïde qui passe à quelques dizaines de milliers de kilomètres de la Terre subit des forces de marée mesurables. La façon dont sa surface et sa rotation réagissent constitue une observation indirecte de sa cohésion interne. Un agrégat de débris ne se déforme pas comme un monolithe.
Autrement dit, le passage de 2029 sera une expérience que personne n'aurait pu monter : la Terre elle-même sollicitera l'objet, et il suffira de regarder.
Sources primaires
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