OSIRIS-APEX, la seconde vie d'une sonde de la NASA
OSIRIS-APEX est la seconde mission d'une sonde qui en avait déjà réussi une. Après avoir rapporté un échantillon de l'astéroïde Bennu, OSIRIS-REx a été redirigée vers Apophis, qu'elle doit rejoindre en juin 2029.
- Agence
- NASA
- Origine
- Sonde OSIRIS-REx
- Arrivée
- Juin 2029
D'OSIRIS-REx à OSIRIS-APEX
OSIRIS-REx est l'une des réussites récentes de l'exploration robotique : partie vers l'astéroïde Bennu, elle en a prélevé un échantillon et l'a ramené sur Terre en septembre 2023.
Une fois la capsule larguée, l'engin lui-même était toujours en état de fonctionnement, en orbite, avec des réserves. Plutôt que de le mettre à la retraite, la NASA l'a redirigé vers une nouvelle cible et rebaptisé OSIRIS-APEX, pour Apophis Explorer.
C'est une économie considérable, mais ce n'est pas le seul argument. Plusieurs concepts de missions dédiées avaient été étudiés auparavant sans jamais aboutir, comme le retrace la page des projets abandonnés. Construire et lancer une sonde neuve dans les délais imposés par la date du 13 avril 2029 aurait été beaucoup plus difficile.
Arriver après, et pourquoi c'est utile
La sonde doit rejoindre Apophis en juin 2029, soit environ un mois après le survol.
Ce calendrier peut surprendre : pourquoi arriver après l'événement ? Parce que l'objet de la mission n'est pas le survol, mais ses conséquences. La formulation de l'agence est explicite :
OSIRIS-APEX is a mission to study the physical changes to asteroid Apophis that will result from its rare close encounter with Earth in April 2029.
Ce sont les changements physiques qui intéressent, et ils ne sont observables qu'une fois le passage accompli. La transformation elle-même, en direct, est du ressort de Ramses, qui arrive deux mois avant.
La manœuvre la plus intéressante
OSIRIS-APEX prévoit une opération inhabituelle : descendre vers la surface d'Apophis et allumer ses moteurs pour en soulever les poussières et les cailloux.
L'idée est simple et astucieuse. La surface d'un astéroïde est en permanence exposée au rayonnement solaire et au vent solaire, qui l'altèrent. Ce que l'on observe depuis l'extérieur n'est donc pas représentatif du matériau constitutif de l'objet, mais d'une pellicule vieillie. Souffler cette pellicule donne accès à ce qui se trouve juste en dessous.
C'est un héritage direct de l'expérience acquise sur Bennu, où la sonde avait déjà démontré sa capacité à opérer au contact d'une surface en microgravité.
Ce que la mission ne fera pas
Elle ne déviera pas Apophis, et n'en a pas le mandat. Aucun risque d'impact n'est identifié, la question est traitée dans le dossier consacré au risque.
Elle ne rapportera pas non plus d'échantillon sur Terre : la capsule de retour a été utilisée pour Bennu et ne peut pas l'être une seconde fois. Toutes les mesures seront faites sur place et transmises par radio.
Non vérifié à ce jour : la durée pendant laquelle la sonde restera auprès d'Apophis n'est pas indiquée sur les pages de mission consultées. Cette page sera mise à jour lorsque l'information sera publiée.
Questions fréquentes
Ce que l'on nous demande le plus
Pourquoi réutiliser une sonde plutôt qu'en construire une neuve ?
Parce que l'engin était intact, en état de fonctionnement, et déjà dans l'espace avec des réserves de carburant. Construire et lancer une sonde neuve aurait coûté bien davantage et n'aurait pas nécessairement tenu le calendrier de 2029.
Que va faire la sonde en descendant vers la surface ?
Elle prévoit d'allumer ses moteurs à faible altitude pour soulever les poussières et les cailloux de surface. L'objectif est d'exposer le matériau situé juste en dessous, inaccessible à l'observation directe.
Sources primaires
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