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Que se passerait-il en cas d'impact d'un objet de cette taille ?

Apophis ne percutera pas la Terre : le risque est exclu pour au moins un siècle. Cette page ne décrit donc pas un scénario prévu, mais répond à une question de physique souvent posée : que produirait l'impact d'un objet de cette classe de taille ?

Risque réel
Exclu depuis 2021
Diamètre de référence
340 m ± 40 m
Vitesse relative en 2029
7,42 km/s

À lire avant tout le reste

Aucun impact d'Apophis sur la Terre n'est possible avant au moins le début du XXII e siècle. Cette conclusion a été publiée par le Jet Propulsion Laboratory le 25 mars 2021, à la suite d'une campagne de mesures radar, et elle est détaillée sur la page consacrée à l'exclusion sur cent ans.

Ce qui suit est donc un exercice de physique. Il porte sur ce que produirait l'impact d'un objet rocheux de quelques centaines de mètres, question légitime et fréquemment posée, sans transposer ce cas à Apophis.

Ce qui détermine l'effet d'un impact

Trois grandeurs, et pas seulement la taille.

La masse, qui dépend du diamètre mais aussi de la densité, donc de la structure interne. Pour un objet de 340 mètres, la différence entre un bloc rocheux cohérent et un agrégat de débris faiblement liés se traduit par un écart de masse considérable.

La vitesse relative, dont l'énergie cinétique dépend au carré. À titre de repère, la vitesse relative d'Apophis lors du passage de 2029 sera de 7,42 km/s ; les vitesses d'entrée atmosphérique observées pour d'autres objets peuvent être nettement supérieures.

L'angle et l'altitude de désintégration. Un objet peut se fragmenter en haute atmosphère et libérer son énergie en altitude, ou atteindre le sol et creuser un cratère. Les effets diffèrent radicalement.

Deux régimes très différents

L'exemple le mieux documenté d'un objet libérant son énergie en altitude est celui de Tcheliabinsk, le 15 février 2013. L'objet mesurait de 17 à 20 mètres, il s'est désintégré vers 23 kilomètres d'altitude, et l'énergie libérée a été estimée entre environ 440 et 520 kilotonnes équivalent TNT. Les dégâts au sol ont été causés par l'onde de choc, principalement des bris de vitres, et non par un cratère.

Un objet de 340 mètres appartient à un tout autre régime : il ne se désintègre pas en altitude, il atteint le sol ou la surface océanique. C'est ce qui sépare un événement atmosphérique d'un événement d'impact au sens propre.

Pour autant, un tel objet reste très en dessous de la classe capable d'effets globaux. L'impacteur associé à l'extinction de la fin du Crétacé est reconstitué autour d'une dizaine de kilomètres, soit environ trente fois ce diamètre et des dizaines de milliers de fois ce volume. La comparaison des ordres de grandeur est développée sur la page comparaisons.

Un objet de quelques centaines de mètres se situe donc dans une catégorie intermédiaire : conséquences régionales sérieuses, sans caractère planétaire.

Ce que ce site ne chiffrera pas

Il serait facile de produire ici des chiffres d'énergie, de diamètre de cratère ou de rayon d'effet. Ce site ne le fera pas tant que ces valeurs ne pourront pas être adossées à une source primaire pour ce cas précis.

Les calculateurs d'effets d'impact disponibles en ligne reposent sur des modèles dont les hypothèses, notamment de densité et d'angle, changent les résultats d'un facteur important. Publier un chiffre issu d'un tel outil sans en exposer les hypothèses reviendrait à donner une apparence de précision à une estimation qui n'en a pas.

C'est d'autant plus vrai que ce chiffre serait, par construction, sans objet : il porterait sur un événement qui n'aura pas lieu.

Ce qui se passerait réellement, si un tel objet était détecté

La question utile n'est pas celle des dégâts, mais celle du délai.

Un objet de cette taille détecté avec plusieurs années d'avance relève du domaine où une déviation est envisageable. La mission DART l'a démontré expérimentalement le 26 septembre 2022, en raccourcissant de 32 minutes la période orbitale de Dimorphos, un corps de 160 mètres.

C'est précisément ce qui fait d'Apophis un cas d'école plutôt qu'une menace : l'épisode de 2004 a structuré l'organisation internationale de la surveillance, et cette organisation est aujourd'hui la vraie réponse à la question posée par cette page.

Questions fréquentes

Ce que l'on nous demande le plus

Ce scénario peut-il se produire ?

Non. Aucun impact d'Apophis sur la Terre n'est possible avant au moins 2121, selon les calculs publiés par la NASA en mars 2021. Cette page traite un exercice de physique, pas une prévision.

Pourquoi publier une telle page si le risque est exclu ?

Parce que la question est posée, et qu'une réponse documentée vaut mieux qu'une absence de réponse. Un lecteur qui ne trouve pas d'information factuelle en cherche ailleurs, souvent dans des sources moins rigoureuses.

Sources primaires

  1. 01NASA JPL, Earth Is Safe From Asteroid Apophis for 100-Plus Years, 25 mars 2021
  2. 02JPL Small-Body Database, 99942 Apophis
  3. 03NASA CNEOS, Additional Details on the Fireball Event over Russia, 1er mars 2013

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